Do you have the good hair ? PART 1

Voilà 2 ans que je suis revenue à la tête crépue. Après le big chop (et ouais, je l’ai fait, un crâne aussi lisse qu’un cul de bébé), des mois qui ont semblé une éternité entre deux longueurs avec un choix restreint de coiffures, des larmes qui n’en finissaient pas, je me destinais enfin à trouver une taille acceptable, selon moi, pour essayer les coiffures les plus intrigantes et enjoy my marvelous, magnificient hair.

Le but de cet écrit n’est pas de faire l’apanage du mouvement nappy, mouvement outre-atlantique qui sévit sur la planète noire depuis quelles années. NON ! Après 2 années de périples avec mon cheveu crépu, c’est l’heure des comptes! L’heure de comprendre pourquoi en tant que femme noire, le retour au naturel est vécu comme un drame OU un si grand bouleversement ? Je regarde l’évolution de la pousse de mon « casque capillaire » et je repense à toutes les phases par lesquelles je suis passée: les moments de doute, le stress, la joie… Au final, It’s just hair ! Tout ce ramdam autour de ma tignasse crépue. Why ?

Let’s back in the time. Des coiffures d’enfance, je n’avais le souvenir que des séances de coiffage du week-end, le démêlage difficile, le peigne grinçant au contact de mes cheveux, les tresses enfantines, les rubans dans les cheveux (de toutes les couleurs de préférence)…Bref, un sentiment pas toujours agréable. Quand la puberté a sonné à ma porte, j’ai fait mon entrée dans le monde capillaire des femmes, ma mère m’a envoyé at the beauty shop pour faire mon 1er défrisage ! Alléluia ! Facilité de coiffage, cheveux au vent (les premiers jours, parce qu’après…), appréciation de la longueur réelle de ma suite capillaire. Je n’avais rien demandé mais j’ai fini par aimer. Je devenais une adulte ! Car du haut de mes 11 ans, j’avais bien compris que c’était l’étape obligée dans la vie d’une femme noire.

Les menstruations ne sont pas les seules rsponsables de notre statut de « femme », le défrisage est une seconde porte d’accès. Au placard les coiffures de CE2, at the beauty shop on venait rendre nos cheveux d’enfant…s’ouvrir à la société de consommation, la mondialisation, les magazines, la TV pour se changer en la barbie de nos 5 ans, les cheveux au vent (le temps d’un jour parce qu’après…) on contrôle enfin sa tête ! Fini les week-end à pleurer entre les cuisses qui piquent  mains de maman, la CHEF c’est moi ! Je suis maître de ma tignasse !

Puis, en grandissant, on adopte tout un tas d’habitudes esthétiques, on s’essaie à des expériences tresses patra, corona, tissage beyoncé coulibalili, les teintures rouges, bleues, jaunes de notre chanteuse R’NB du jour qui transformeront nos cheveux en paille le lendemain….Ayeeee, car il est généralement là le réveil ! La tignasse n’obéit plus. Puis, au fond de soi, on chérit ses moments où maman plongeait ses mains dans l’huile de carapate, de karité ou de monoï pour malaxer avec soin et amour nos cheveux car elle aimait voir l’objet du désir prendre forme sous ses doigts, grandir et être nourris. Ma mère me répétait sans cesse de faire attention, de ne pas les maltraiter car j’avais une belle nature de cheveu. Sourde j’étais à ses doléances ! Confier à nouveau ma tête à maman? Jamais!!!! Elle retomberait en enfance et j’aurai tôt fait de ressembler à PunkieBrewster. Comment serrer avec une tête pareille ? NON.

Mais l’appel du naturel grandi en moi…Jusqu’au jour où la vague Nappy me frappe en pleine tête. Les filles se nomment Nappy, elles forment des « milices », des groupes facebook, font des tutos Youtubes, créent des blogs pour apprendre aux autres femmes, désireuses de retrouver leurs cheveux de bébé, comment se coiffer. J’apprends que mon cheveu est une plante et qu’il a besoin d’hydratation, d’eau quoi ? Que Naturel products sont les amis des cheveux crépus ? What’s the hell ? Nos mamas n’ont-elles pas fait le travail nécessaire ? On me renvoie aux méthodes de grand-mère: huile de ricin, carapate, karité redeviennent mes amis. Les informations sont gigantesques sur le net, je me transforme en apprenti chimiste et essaye plusieurs composants…Je capitule. Je tente, les huiles et beures tout prêt, en teste 2-3…jusqu’au Saint Gral ! Alléluia ! J’exulte, mes cheveux me le rendent bien. Alors, face à la joie de renaitre avec mes cheveux, pourquoi ai-je passé tant d’années à me confondre avec un modèle qui n’est pas le mien ? A utiliser des produits qui n’étaient pas fait pour moi ?

La faute à L’Oréal et consorts. Dans la lutte armée contre la sécheresse du cheveu crépu, nous avions capitulé ! Abonnées aux Elle, Grazia, Bella white qui nous conseillent Elsève, Garnier et compagnie on décape nos cheveux à coup de SLS* pour ressembler à un modèle de papier glacé, maquillé, coiffé, retouché, drogué, affamé…Un modèle qui n’est pas nous…Pas de sentiment communautaire dans tout ça. Just the truth. Quand je me regarde dans mon miroir, je n’y vois pas de femme caucasienne…Pourquoi prétendre alors que mon cheveu va se plaquer le matin au réveil après juste un coup de brosse ? N’avais-je pas compris que le mien était juste différent ? Non. Dans mon miroir déformant, appelé aussi média, médium ou encore Télé ou magazine, je crois que les conseils de la journaliste me sont destinés. Crédule. Il m’aura fallut du temps dans la position de femme naturelle pour comprendre cela…Nous étions mal informés. Je change donc de modèle !

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